13 citations d’Hommage à la Catalogne, George Orwell

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Mis à part les essais ironiques et critiques de “Odio Barcelona” (Melusina, 2008), je n’avais encore jamais rien lu ayant pour toile de fond ma terre d’adoption. Ni même le best-seller mondial “L’Ombre du Vent” (Grasset, 2001) de Carlos Ruiz Zafón. Fasciné par l’Espagne, ce pays qu’il avait toute sa vie souhaité visiter, George Orwell lui rend hommage à travers le récit de son expérience de la guerre civile où son regard affuté de journaliste nous transporte dans cette “boue sans nom” des tranchées et aux côtés d’espagnols bourrés de qualités et de défauts. Tout comme Hemingway dans “Paris est une fête“, Orwell m’a séduite avec son oeil d’expatrié et je suis impatiente de lire “Dans la dèche à Paris et à Londres”.

  • Un étranger en Espagne

En tant qu’expatriée à Barcelone, j’ai adoré les clins d’oeil culturels et les remarques pittoresques d’Hommage à la Catalogne qui, pour certains, sont toujours d’actualité. Ses commentaires au sujet de l’Espagne et des espagnols sont tellement vrais ! Il m’a fait à la fois fait sourire et trembler. Voici une sélection de six citations illustrant son goût pour l’Espagne.

Mais c’est encore en Espagne que je préfère être un étranger plutôt que dans la plupart des autres pays.

Rien, en Espagne, qu’il s’agisse d’un repas ou d’une bataille, n’a jamais lieu à l’heure fixée.

Assurément les Andalous étaient très ignorants. Très peu d’entre eux – si tant est qu’il y en eût – savaient lire, et ils paraissaient ne pas même savoir la seule chose qu’en Espagne chacun sait parfaitement : à quel parti politique ils appartenaient.

De toute l’Europe c’était le pays qui avait le plus hanté mon imagination. Quel dommage que lorsque j’avais enfin pu y venir, ç’ait été pour n’y voir que ce coin du nord-est, dans le bouleversement d’une guerre et presque uniquement en hiver.

[…] il me semble saisir une vision fugitive, une sorte de rumeur lointaine de cette Espagne que chacun porte dans son imagination : blanches sierras, chevriers, cachots de l’Inquisition, palais maures, noires théories de mules serpentant, oliviers cendreux et bosquets de citronniers, jeunes filles en mantilles noires, vins de Malaga et d’Alicante, cathédrales, cardinaux, courses de taureaux, bohémiennes, sérénades – bref, l’Espagne.

 

  • L’impuissance des mots

George Orwell a rédigé cette chronique de la guerre d’Espagne six mois après son retour en Angleterre, en 1937. Profondément marqué par cette expérience, pour ne pas dire traumatisé, sa mémoire a enregistré avec précision les moindres gestes, odeurs, perceptions et sentiments. À plusieurs reprises, il exprime explicitement sa préoccupation de vouloir transmettre les sensations vécues sur le front et le quotidien de la vie sous guerre dans les rues de Barcelone. On sent qu’il n’arrive pas totalement à satisfaire son besoin de transparente et s’inquiète de notre perception en tant que lecteur.

Toute cette période est demeuré dans mon souvenir avec une netteté singulière. Je revis par la pensée des incidents qui pouvaient paraître trop insignifiants pour valoir la peine qu’on s’en souvînt.

Puissé-je vous avoir fait comprendre l’atmosphère de ce temps ! J’espère y être parvenu, un peu, dans les premiers chapitres de ce livre.

J’ai raconté quelques évènements extérieurs, mais comment communiquer l’impression qu’ils m’ont laissée ! Tout pour moi est étroitement lié à des visions, des odeurs, des sons, que les mots sont impuissants à rendre : l’odeur des tranchées, les levers du jour sur des horizons immenses dans les montagnes, le claquement glacé des balles […]

  • Le récit d’un combattant

Le récit est d’autant plus saisissant que l’auteur de 1984 a failli mourir au combat et qu’il a réussi à s’échapper du territoire de justesse, accompagné de sa femme. À son retour en Angleterre, il s’est empressé de raconter son expérience aux allures de journal intime, d’essai et de roman historique. Une lecture indispensable pour tout futur(e) ou actuel(le) expatrié(e) en Espagne !

Je me souviens que j’éprouvais une profonde horreur de tout : du chaos, de l’obscurité, de l’épouvantable vacarme, des allées et venues dans la boue en manquant de tomber, des grands efforts à déployer en luttant avec ses sacs de terre sur le point de crever – et d’être, par-dessus le marché, tout le temps encombré par mon fusil que je n’osais poser de crainte de le perdre.

D’un point de vue personnel – du point de vue de ma propre évolution – ces trois ou quatre premiers mois passés sur le front furent moins inutiles que je ne le crus alors. Ils formèrent dans ma vie une sorte de d’interrègne, entièrement différent de tout ce qui avait précédé et peut-être de tout ce qui est à venir, et ils m’ont appris des choses que je n’aurais pu apprendre d’aucune autre manière.

Il semble en aller toujours de même chaque fois que je prends part à la guerre ou à la politique : je n’ai jamais conscience de rien d’autre que de l’inconfort physique et de mon désir profond que prenne fin au plus vite toute cette maudite absurdité.

Nous avions fait partie d’une communauté où l’espoir était plus normal que l’indifférence et le scepticisme, où le mot “camarade” signifiait camaraderie et non, comme dans la plupart des pays, connivence pour faire des blagues.

J'ai lu 80 pages sur 300 et voici mes impressions ! Tout d'abord les références à Barcelone, à Sarragosse et à Huesca, des villes qui me parlent et comme je n'avais encore jamais lu de roman basé en Catalogne et ses alentours, j'avoue que les clins d'œil font chaud au cœur et font sourire. Les petites remarques en tant qu'expatrié anglais aussi sont sympas car il y a des choses qui sont toujours d'actualité comme l'impossibilité de respecter une heure fixée "que ce soit pour un repas ou pour une bataille". Ensuite, je trouve ça passionnant de voir comment #Orwell arrive à écrire au sujet d'une guerre "où il ne se passe rien". Ce pourquoi j'ai très envie de lire la suite pour me laisser surprendre encore et encore. Avis aux français de Barcelone ou aux amoureux de l'Espagne, ce roman vous plaira sûrement ! #books #bookstagram #expat #barcelone #barcelona #catalogne #catalunya #catalunyaexperience #catalonia #orwell #georgeorwell #bookworm #lecture #lectura #passionlecture #spain #espagne #boomerang

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