Musso, Levy, Giordano, Gary, De Vigan et Énard : chronique de 6 romans français

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L’année 2016 touche à sa fin et c’est l’occasion de faire le bilan de quelques lectures 100% Made in France. Les six auteurs sélectionnés répondent à mon envie de découvrir des livres contemporains, populaires ou récompensés par le Prix Goncourt. Musso, Levy, Giordano, Gary, De Vigan et Énard sont les protagonistes de cette chronique littéraire. Coups de coeur et déceptions, place à la critique et aux recommandations qui inspireront peut-être vos prochains achats ou cadeaux !

Intrigue, style et personnages. Voici les trois critères que j’ai retenu pour vous recommander ou non les romans suivants. D’entrée de jeu et dans l’ordre croissant de mes préférences, je vous invite à lire “La vie devant soi” de Romain Gary, “D’après une histoire vraie” de Delphine de Vigan, “Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une” de Raphaëlle Giordano, “Boussole” de Mathias Énard, “La fille de papier et “L’instant présent” de Guillaume Musso, en terminant par “Elle & Lui” de Marc Levy. Pour en savoir plus, lisez la suite !

  • “L’instant Présent” et “La fille de papier”, Guillaume Musso

 

Autant “L’Instant Présent” (361 pages) que “La fille de papier” (603 pages), les deux romans méritent un applaudissement pour leur intrigue fantastique qui tient en haleine jusqu’à la fin. Tout s’enchaîne comme dans un film d’action romantique à l’américaine auquel on reste scotché un dimanche après-midi. Conscient qu’il n’a pas une plume de grand écrivain, Guillaume Musso opte pour un style cinématographique avec des apartés, des voix off, des dialogues et des atmosphères facilement transposables sur grand écran. Chaque chapitre s’ouvre avec une belle citation tirée d’une oeuvre littéraire, qui selon moi, ne fait que ressortir la pauvreté de sa propre prose, chargée d’expressions toutes faites et familières. Répété, le duo de personnages “homme perdu sauvé par femme ange-gardien”, tantôt de mauvais poil, tantôt d’humeur à se prêter aux jeux de l’ironie, et bien qu’attachants par leur naturel, restent simplets et à la merci d’une intrigue “happy end”.

Verdict ? Légers, haletants et sympathiques, les Musso restent pour moi au rang des romans à lire en été, en vacances, à la plage, ou pour faire un break entre deux lectures plus denses. NB : si vous êtes expatrié(e) et que vous en perdez votre français, cet auteur aura le don de vous remettre à niveau en matière de fluidité et spontanéité de la langue !

 

  • “Elle & Lui”, Marc Levy

Après Musso, il me fallait découvrir Marc Levy (et sûrement beaucoup d’autres). Sauf que j’ai fini par ne plus savoir qui avait écrit quoi tant leurs histoires et styles se ressemblent ! Mêmes déceptions donc pour “Elle & Lui” (373 pages) : un auteur qui écrit comme on parle tous les jours, une intrigue bien ficelée mais qui reste plan-plan et des personnages aussi travaillés que ceux d’un soap américain.

Tout comme Musso, je vous recommande de lire Levy pour déconnecter et passer un bon moment sans rien attendre en échange que le simple plaisir de la lecture (et c’est déjà pas mal). Si vous n’êtes pas spécialement #booklover et que vous n’avez pas lu depuis un bon moment, c’est une bonne option. Quoi qu’il en soit, vous savourerez ce roman comme on sirote une grenadine à la terrasse d’un café parisien : avec légèreté !

  • “Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une”, Raphaëlle Giordano

 

Coach en créativité et développement personnel, ce premier roman de Raphaëlle Giordano démarre sur les chapeaux de roue avec une intrigue poignante dès le début de l’histoire qui s’annonce comme une aventure personnelle pleine de suspense. J’ai tout de suite eu envie de suivre le même parcours que l’héroïne qui se lance dans un processus de recherche de soi à travers des concepts clés tels que la “théorie des petits pas”, la “méthode SMART”, “la règle du CFQD” et bien d’autres (inutile de prendre des notes, ils sont tous listés et expliqués à la fin du livre). Puis je me suis sentie un peu lasse du discours sur-positif #yoga #méditation #yolo. Malgré une petite baisse de régime, il m’était impossible de lâcher le bouquin.

“Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une” se lit très vite grâce à son écriture fluide, son style cinématographique et des mots bien choisis contrairement au style forcé et sur-joué de Musso et Levy. J’ai ri, j’ai eu des larmes subites et des palpitations. Même si dans la réalité, tout n’est pas rose – et l’auteure ne manque pas de nous le rappeler, d’où l’identification facile au personnage -, c’est une belle histoire qui permet de réaviver les rêves qui nous hantent et de se doper de confiance en soi. Un roman qui ne fait de mal à personne, à offrir ou à s’offrir !

  • “La vie devant soi”, Romain Gary

 

On monte quelques marches dans ce palmarès littéraire avec “La vie devant soi”  (274 pages) de Romain Gary (alias Émile Ajar). Prix Goncourt en 1975, ce roman est un classique à lire à tout prix ! Son style est unique en son genre puisque c’est un narrateur haut comme trois pommes qui nous prend par la main pour nous dévoiler le monde dans lequel il vit. Avec son franc-parler, sa sensibilité, son regard ingénu mais tellement vrai sur le monde adulte, Momo rend plus que jamais hommage à l’expression qui dit que “la vérité sort de la bouche des enfants”. L’amour, la mort, la vie, l’orphelinat, la prostitution, l’euthanasie, l’enfance… autant de thèmes bouleversants auxquels la petite voix du héros vient mettre un peu de baume. Une histoire à la fois tendre et dure, comme ses personnages.

Que vous soyez féru(e) de littérature ou pas, je ne peux que vous recommander ce chef-d’oeuvre que vous dégusterez comme un pain au chocolat. Il est tout simplement magnifique et truffé de jolies phrases…

  • “D’après une histoire vraie”, Delphine de Vigan 

 

“D’après une histoire vraie”  (479 pages) est une histoire angoissante où cohabite celle de la page blanche et celle d’une relation amicale qui sent le roussi. On reste donc sur nos gardes tout au long du roman et on se détend de temps à autre quand Delphine, “exsangue” aime-t-elle répéter, ose se confier à nous et qu’on comprend qu’il est temps de savoir lire entre les lignes. Les personnages sont comme des peintures cubistes, complexes et aux multiples facettes. Fascinants.

Delphine de Vigan nous mène à la baguette jusqu’à la fin dans une mise en abyme à la manoeuvre savante et déroutante où se mêle le réel et la fiction. Il m’a laissée confuse mais ma conclusion est que L. incarne la Littérature. Qu’elle existe ou pas, cela importe peu  finalement car c’est justement là où vous nous mener Delphine De Vigan. À douter du vrai. D’où le titre. C’est une lecture passionnante à la portée des lecteurs les moins invétérés comme les plus exigeants.

Je viens de terminer "D'après une histoire vraie" ✅ J'étais pressée d'achever ce roman car je soupçonnais que la fin pouvait me décevoir et que je finirais par penser "tout ça pour ça ?!". En arrivant au point final, je me suis dit merde, je ne suis pas sûre d'avoir tout compris. Qui est qui ? Quel bel essai sur la littérature tout de même. C'est fort… À la lecture de quelques critiques, je me rends compte que la confusion dans laquelle je me trouve est bon signe. Je ne vous en dis pas plus de peur de spoiler votre plaisir. Delphine de Vigan a su me fasciner et je brûle désormais d'envie de lire "Rien ne s'oppose à la nuit", une histoire de famille qui s'impose à moi comme une lecture indispensable pour mon propre projet d'écriture. Bravo et merci 👏🏻👏🏻 #book #books #livre #livres #instabook #booklover #photooftheday #reading #love #bibliophile #instabook #bookaddict #bookstagram #reader #bookaholic #bookworm #read #roman #lire #booklover #instalivre #livreaddict #lecture #quote #quotes #citation #dapresunehistoirevraie #delphinedevigan

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  • “Boussole”, Mathias Énard

 

J’ai bien failli ne pas terminer ce livre et c’est dire beaucoup. Accrochez-vous ! Prix Goncourt 2015, “Boussole” (378 pages) appartient à la catégorie des romans que je désignerais comme érudits et denses. Le narrateur vous embarque pour un long voyage nocturne avec comme toile de fond une histoire d’amour intellectuelle, entre Orient et Occident, au fil de ses passions pour la musique classique, la Littérature, l’Histoire. Poétique, propice aux digressions et aux phrases à rallonge, le style de ce roman est travaillé à la perfection mais reste difficile à digérer.

Si vous souhaitez découvrir Mathias Énard, je vous recommande de commencer par lire Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants. Plus court, il constitue une bonne entrée en matière dans l’univers fictif et hypnotique de cet auteur. Pour en savoir plus sur “Boussole”, je vous invite à lire ma critique et à découvrir ma sélection de citations en cliquant ici.

Alors, lesquels de ces romans avez-vous lus ou vous donnent envie ? Je serais ravie d’en parler avec vous ! Et si vous avez des recommandations, #justdoit.

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